29.06.2007

Start me up

Start me up.

Model : Kate Moss

Photographed by Jurgen Teller

Fashion editing : Anita Pallenberg & Bay Garnett

Living colour

Voici trois silhouettes du dernier défilé Dries Van Noten ( printemps/été 2008).

Une explosion de couleurs acides ou délicates, des associations parfois hasardeuses mais toujours rafraîchissantes, cette collection détonne dans une saison pour l'instant plutôt fade (sous réserve des défilés parisiens à venir).

Si l'on sait que Mr Van Noten est reconnu depuis longtemps maintenant comme LE COLORISTE, il va plus loin cette fois en s'éloignant des ambiances très rétro - et un peu vieillottes il faut bien le dire - qu'il affectionne en général.

Force est de reconnaître que chez le belge, même les couleurs que l'on pense sans surprise ne sont jamais tout à fait comme ailleurs. Elles sont toujours plus...ou moins...enfin vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas ?

Non ?

Et bien regardez par exemple le blouson de la photo 3, on a pas affaire à un bête vert fluo, il est juste...voilà, exactement !

Idem, le jaune de la veste doit bien venir d'une autre dimension pour s'accorder à un tel bleu.

Or ? Ce serait trop simple

Paille ? Personnellement je n'en ai jamais vu de cette teinte-là

Safran alors ? euh...non

Voilà, une constatation s'impose : on ne sait pas parler de couleur. Non, on y arrive pas, c'est tout.

Alors, contentons nous d'admirer, et d'imaginer un monde où le fuschia serait le nouveau noir, ou un homme vêtu de mandarine et de lilas ne serait plus un simple concept.

Rêvons.

26.06.2007

Vocabulaire /2

FASHION BISCUIT :

Individu possédant un sens inné du style et capable de porter parfaitement des vêtements qui ont l'air affreux sur n'importe qui d'autre. 

STYLE HOG :

Comportement abusif de celui ou celle qui vole vos expressions, votre façon de vous habiller, vos habitudes alimentaires et plus encore.

Jeff how can you say that you like cheeseburgers with no mayo, stop style hogging me man. Get your own combo.

 

22.06.2007

Total redux

Voici un échantillon de la campagne A/H 07 de Marc Jacobs, shootée par Jurgen Teller (photo 1), ainsi qu'un exemple des visuels de publicité réalisés par le photographe Alec Soth pour la dernière édition du FASHION MAGAZINE (photos 2 et 3).

Mes amis vous allez donc devoir vous munir d'une loupe lorsque vous feuilleterez vos chers magazines!

Montrer moins pour dire plus, tu t'approches on t'accroche, on la connaît cette ruse, me direz-vous...oui, oui c'est la fameuse litote, lointaine cousine de l'euphémisme et ennemie jurée de l'hyperbole !

C'est vrai qu'il s'agit là d'une figure connue, utilisée en publicité depuis l'époque de grand-papa (bien que très rarement dans le secteur spécifique de la mode), .

Et pourtant je crois que ces deux exemples méritent que l'on s'y arrête une minute, car il y a autre chose...

Plus que la taille même des produits, c'est leur place dans l'image et la dynamique de composition de celle-ci qui est intéressante.

En effet, que se soit le cadre et les éléments géométriques de la pub Marc Jacobs, ou les lignes de fuite qui sous-tendent le paysage de bord de mer de la photo d'Alec Soth, tout contribue à créer une tension extérieur-intérieur ; on a presque l'impression d'un tunnel qui aspirerait le regard, avec le produit en point de mire.

Et c'est précisement là que ces images sont pensées de manière judicieuse, car elles prennent le contre-pied de la méthode habituelle et ultra-répandue qui veut que ce soit le produit qui aille vers l'oeil de l'acheteur potentiel, et parfois même avec tant d'insistance que l'on finit par se sentir aggressé (je pense par exemple à ces publicités montrant des sacs portés à bout de bras par des mannequins qui les brandissent telles les têtes décapitées d'hypothétiques ennemis, et rapportées du combat).

Ici c'est tout l'opposé, on nous fait plonger dans un monde et c'est à nous (à notre oeil en tout cas) de trouver le chemin.

Ne nous y fions pas, on est loin de l'effacement de l'objet, car il devient au contraire le seul point auquel se raccrocher. Comme lorsque, plongé dans le noir, l'oeil se tourne instinctivement vers le rai de lumière qui filtre d'une porte entrouverte. 

Désolée pour ce commentaire très théorique et assez long, mais je ne peux m'empêcher de leur tirer mon chapeau: car plus d'un petit malin finira, à mon avis, le nez collé sur la page à essayer de distinguer les moindres détails du nouveau manteau Marc Jacobs.

Et moi je dis: joli coup. 

 

 

20.06.2007

Haute fashion on the high street

COS pour Collection Of Style.

Il s'agit de la toute nouvelle ligne lancée par H&M, qui souhaite aussi désormais se positionner sur un marché plus haut-de-gamme.

Et c'est vrai qu'ils y ont mis les moyens. S'il n'existe pas encore de magasin à Paris (mais ça ne saurait tarder), il suffit d'aller faire un tour sur leur site pour en avoir un aperçu ...

Rien n'a été laissé au hasard, et on a l'impression que le mot d'ordre est ici : LE MAUVAIS GOUT NE PASSERA PAS PAR NOUS !

Un design très soigné, uniquement du noir, du gris et du blanc, et on se paie même Anja Rubik pour les photos. C'est beau à regarder, c'est sûr, mais un peu ennuyeux aussi. Et oui, du mauvais goût nous n'en trouveront effectivement pas chez COS, mais le problème c'est que nous aurons aussi beaucoup de mal à lui trouver du goût tout court.

Je ne dis pas, il y a sans doute de belles pièces, tout cela à l'air très correctement fabriqué, et pour les prix pratiqués, que demande le peuple, n'est-ce pas ?

Mais, comment dire...il y a quelque chose de gênant il me semble dans cette entreprise tentaculaire de couvrir le marché tout entier. Démocratisation à outrance de la mode, hyper accessibilité du produit, si tout cela peut évidemment sembler séduisant, c'est aussi ce qui favorise l'émergence de "quasi trusts", ce qui n'est jamais de bonne augure.

Un tel discours peut sembler rabat-joie, et on est loin bien sûr d'un monde ou nous nous habillerions tous à la même enseigne.

Mais il n'empêche que cette déferlante permanente de nouveaux produits, tous plus calibrés les uns que les autres, finit par donner le vertige et finalement par tuer l'envie de s'habiller.

Avec COS (pourquoi d'ailleurs ce nom qui sonne si mal ?), on a l'impression d'être repu avant même d'avoir goûté.

Ce qui pourrait s'appeler un fashion écoeurement.

Mais comme je ne suis pas à une contradiction près, je ne serais pas la dernière à faire une petite visite à la future boutique parisienne, et il se pourrait même que j'achète (oui je sais, mais je suis contre toute forme d'intégrisme intellectuel, voyez-vous).

 

 

 

17.06.2007

Socialite Queen

La fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent expose actuellement une partie de la garde-robe (77 pièces) de celle qui fut une figure de la haute société new-yorkaise, et cliente inconditionnelle du couturier.

Nan Kempner, c'est une vie entière vouée au style, tout un monde qui sans doute n'existe plus, où l'on s'habillait couture du petit déjeuner au grand soir, et tout ça comme la chose la plus naturelle au monde.

Mais Nan était aussi une exception, une Américaine avec un sens du chic hors normes, anticonformiste et possédant un talent certain pour le décalage et l'effet de surprise.

Pour preuve, une petite anecdote :

On lui attribue souvent  "l'invention" de la mini-robe. En effet, un soir que Nan s'apprêtait à dîner dans un restaurant élègant, on lui fit savoir que l'établissement n'acceptait pas les femmes en pantalon. Qu'à cela ne tienne, Mrs Kempner eu vite fait de se débarrasser de l'objet de la discorde, et fit son entrée dans la salle simplement vêtue de sa veste.

Ou comment se jouer de tout.  

16.06.2007

CROSSROADS/1

(1) Sac en fourrure MIU MIU, photo de Jurgen Teller parue dans POP, octobre 2006.

(2) L'Origine du monde, Gustave Courbet, 1866. 

 

14.06.2007

The meaning of perfume

US VOGUE 1977

The Meaning of Perfume. Models : Dayle Haddon & Christie Brinkley

Photographed by Helmut Newton